Les tests étalonnés sont des tests qui ont été passés par un groupe plus ou moins important d’élèves d’un âge particulier ou représentant plusieurs tranches d’âge.

L’avantage de ces tests est qu’ils fournissent des données sur les performances attendues des élèves de cet (ces) âge(s).

L’inconvénient de ces tests est qu’ils s’appliquent essentiellement dans le pays dans lequel l’étalonnage a été effectué, car le curriculum scolaire peut varier sensiblement d’un pays à l’autre.

Les seuls tests gratuitement accessibles dont nous avons connaissance ont été étalonnés sur des populations d’enfants français. Par conséquent, si vous décidez d’utiliser ces tests auprès d’enfants scolarisés dans d’autres pays, soyez prudent dans l’interprétation des résultats d’un enfant sur base des données fournies par l’étalonnage.

Une manière approximative de « vérifier » si les étalonnages rapportés dans ces tests sont représentatifs de la population à laquelle vous êtes confronté est de faire passer le test à toute votre classe et d’effectuer la moyenne des résultats obtenus, puis de comparer cette moyenne à celle rapportée pour les enfants français de même âge dans le test étalonné.

Les tests étalonnés recourent généralement à deux notions de statistique afin de situer la performance d’un élève par rapport à celle des pairs de même âge, c’est-à-dire le centile et l’écart-type.

Le centile :

Le centile est l’une des 99 valeurs qui divisent une série de résultats en 100 classes de même nombre ou approximativement de même nombre. Par exemple, si un test a été passé par 500 élèves, les données sont ensuite réparties en 100 catégories comportant chacune les résultats de 5 élèves. Le centile est donc un nombre qui se situe entre 1 et 100, et qui fournit une estimation de la position d’un élève par rapport aux autres enfants de même âge.

Lorsqu’un élève est testé, le résultat obtenu au test est converti en centile afin de situer la performance de cet élève par rapport aux enfants de même âge. Généralement, on n’établit pas chaque centile pour un test mais l’on utilise plutôt les marqueurs que constituent les percentiles 25, 50, et 75 de manière à établir quatre catégories (0-25, 25-50, 50-75, 75-100). Par exemple si un élève se situe au centile 25, cela signifie que 75% des élèves du même âge ont obtenu un résultat égal ou supérieur à cet élève pour ce test.

On considère généralement qu’un enfant présentant une performance inférieure au centile 10, c’est-à-dire un enfant dont la performance est inférieure à celle de 90% des enfants du même âge, présente des difficultés qui doivent alerter l’enseignant.

 

L’écart-type :

L’écart-type mesure la dispersion d’une série de résultats autour de leur moyenne. Dans les tests mesurant des performances comme la lecture et l’écriture, on considère que les résultats individuels se répartissent de manière homogène autour de la moyenne selon une courbe en forme de cloche (voir ci-dessous), de telle manière que de nombreux résultats vont se situer dans un certain intervalle autour de la moyenne (« mean »).

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Cet intervalle peut être exprimé en termes d’écart-type : les valeurs situés entre -1 écart-type et +1 écart-type par rapport à la moyenne représentent les résultats d’environ 68% de la population ayant passé le test (flèche rouge), les valeurs situés entre -2 écart-type et +2 écart-type représentent les résultats d’environ 95% de cette population (flèche jaune), et les valeurs situés entre -3 écart-type et +3 écart-type représentent les résultats d’environ 99% de cette population (flèche rose). Le seuil en deçà duquel la performance d’un enfant devrait être considérée comme préoccupante ne fait pas l’unanimité : certaines études considèrent qu’une performance inférieure d’au moins un écart-type par rapport à la moyenne des enfants de même âge doit être considérée comme préoccupante, alors que d’autres situent le seuil à deux écart-types sous la moyenne. Nous considérons que le premier critère est plus approprié que le second, mais c’est également sur base des indicateurs précoces et de l’ensemble des productions de l’élève que vous pourrez déterminer si sa performance dans un test étalonné est préoccupante ou non.

Les quelques tests français étalonnés destinés aux enseignants sont présentés ci-dessous. Si vous enseignez dans un autre système, vous trouverez un tableau présentant les équivalences entre les appellations des systèmes scolaires belge et français pour désigner les mêmes niveaux d’enseignement, ainsi que l’âge correspondant à chaque niveau d’enseignement, ici.

PDF icon equivalences

Monique Jacquier-Roux (médecin de santé publique, conseillère technique de l’Inspectrice d’Académie et responsable du service médical des élèves de la Loire, Académie de Lyon) et Jean-Michel Sandon (maître de conférence et directeur du centre de Mâcon, IUFM de Bourgogne) ont élaboré un outil de repérage pour “cibler” le dépistage des élèves dyslexiques en quatrième et cinquième primaire. Ce test, appelé Reperdys, évalue les compétences en langage écrit à partir de l’identification de mots isolés, la copie de texte et l’orthographe. Vous trouverez ce test ainsi que toutes les informations qui s’y rapportent, et vous pourrez également contacter les auteurs de ce test par courriel, en consultant le site :
http://www.reperdys.com/Reperdys-qu-est-ce-que-c-est.html

Par ailleurs, le laboratoire des sciences de l’éducation de l’Université Pierre-Mendès-France (UPMF) à Grenoble a élaboré deux épreuves étalonnées destinées aux enseignants :

  • Un test d’Evaluation de la Lecture en FluencE (E.L.FE), qui permet d’évaluer rapidement (en une minute) les habiletés de lecture des élèves entre la deuxième primaire et la première secondaire, PDF iconet que vous trouverez ici.
  • Un test de Repérage Orthographique Collectif (ROC), qui permet aux enseignants de cinquième primaire, sixième primaire et première secondaire de repérer les élèves en grandes difficultés de lecture et d’orthographe. Ce test présente l’avantage de permettre une passation collective, qui permettra à l’enseignant d’identifier les élèves de sa classe en grande difficulté avec la langue écrite en moins d’une demi-heure. PDF iconVous trouverez ce test ici.

Enfin, nous vous recommandons vivement de consulter le site Internet du laboratoire des sciences de l’éducation de l’Université Pierre-Mendès-France (UPMF) à Grenoble, dont proviennent les deux derniers tests présentés, ici.

Vous y trouverez d’autres outils très intéressants et téléchargeables gratuitement, par exemple un protocole de dépistage des troubles du langage oral et écrit chez les enfants de 5 à 6 ans (Bilan de Santé Evaluation du Développement pour la Scolarité 5 à 6 ans, ou BSEDS3), qui peut être très utile si vous êtes confronté à des enfants de première primaire. Gardez cependant en tête que tous les outils et conseils que vous trouverez sur ce site Internet, et dans les documents qu’il comporte, s’appliquent au système d’enseignement français. Par exemple, le BSEDS3 est un examen médical complet comportant notamment des outils permettant de détecter les enfants « à risque » de présenter des troubles de l’apprentissage dans le futur, comme la dyslexie, mais ce protocole est rempli conjointement par le professeur, le médecin et les parents au cours d’une visite médicale obligatoire qui ne correspond pas nécessairement à ce qui est pratiqué dans d’autres pays.

Par ailleurs, vous trouverez sur ce site la deuxième version d’un Outil de Dépistage des Dyslexies (ODEDYS 2), que vous pouvez télécharger en consultant ce site.

Cet outil comporte une série d’épreuves ainsi qu’un étalonnage de chacune de ces épreuves sur des élèves de la deuxième à la sixième primaire, et présente les moyennes, les résultats correspondant au centile 10 et au centile 90, et les résultats correspondant à un écart-type et à deux écarts-types sous la moyenne.

Notez cependant que le document présentant cet outil précise qu’il ne peut être utilisé que par des « professionnels cliniciens formés à l’approche de la neuropsychologie cognitive. Son utilisation pour des dépistages individuels…doit être confiée à des professionnels formés au cadre théorique, à l’évaluation en situation duelle et à l’utilisation (méthodologie précise) des épreuves composant ODEDYS » (p.12).

De plus, il est essentiel que vous n’utilisiez pas les items fournis dans les épreuves de l’ODEDYS, car si un spécialiste désire l’utiliser dans son évaluation diagnostique, le fait que vous l’ayez déjà utilisé, même en partie, peut biaiser fortement les résultats de l’élève, et par conséquent l’interprétation des déficits et le diagnostic.

Cela n’exclut nullement que vous puissiez prendre connaissance de cet outil. Nous vous conseillons d’ailleurs vivement de lire le document qui s’y rapporte, car cette lecture vous permettra de mieux comprendre pourquoi les spécialistes examinent certains processus cognitifs autres que les habiletés de lecture, d’orthographe et de composition pour leurs évaluations diagnostiques. Par conséquent, vous comprendrez plus aisément le contenu des rapports réalisés par ces spécialistes, même s’ils utilisent d’autres outils diagnostiques que ODEDYS, et pourrez agir au mieux pour les élèves dyslexiques dans le cadre d’une coopération interprofessionnelle (voir section 3.1).

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